Imagine ta vie sans violence. 

 

Le cycle de la violence

 

Accalmie, accumulation de tensions, incident de violence. Regrets, promesses, pardon. Accalmie. Et la roue repart.

 

 

Plus le cycle se répète, plus les périodes d’accalmie sont courtes et plus les effets de l’accumulation sont intenses. Et lorsque les formes de violence utilisées ne parviennent plus à compenser pour l’intensité des malaises, la personne ayant des comportements violents utilise des formes de plus en plus sévères, cette escalade pouvant aller jusqu’à l’homicide conjugal.

 

L’explosion de violence ne diminue en rien le bagage d’émotions emmagasinées. L’impression de soulagement qui succède à l’événement de violence n’est rien d’autre que le résultat découlant d’un changement chez l’autre qui a été imposé par la peur engendrée par le geste de violence. Si l’autre personne refuse de se laisser imposer quoi que ce soit, le malaise persistera.

 

La seule personne qui a le pouvoir de faire cesser cette violence et qui a la responsabilité de le faire est la personne qui l’exerce. C’est ce que nous appelons faire le choix.

 

Le processus d’accumulation

Tout le monde vit des situations de malaise dans notre vie quotidienne. Ces malaises se traduisent couramment par différents signes physiques tels des pétillements ou des points dans le ventre, des frissons dans le dos ou des tensions musculaires. Ils correspondent également à l’éveil d’émotions souvent dérangeantes qui provoquent ce sentiment de mal-être que nous exprimons par des expressions comme « ça fait mal », « je ne me sens pas bien ».

 

Les hommes que nous rencontrons à SATAS ont tendance à négliger et à minimiser ces malaises et les émotions qui s’y rattachent. Souvent, ils vont identifier et exprimer l’événement ou la réaction qui les dérange, mais il est très rare qu’ils vont s’attarder sur l’identification et l’expression des émotions qu’ils vivent. Ils vont préférer laisser agir le temps en espérant que ces malaises vont s’éliminer d’eux-mêmes.

 

Or, si les signes physiques finissent par disparaître, les émotions, elles, demeurent. Plus les situations se répètent et plus les effets sont dérangeants. Et c’est lorsque ces effets perdurent et qu’ils deviennent insupportables que l’explosion de violence survient.

 

La seule façon d’éviter que l’accumulation n’atteigne le point critique consiste à évacuer au fur et à mesure ses émotions, au lieu de les emmagasiner. Une telle démarche demande que l’individu identifie les émotions qui s’agitent en lui, qu’il entre en contact avec lui-même, qu’il choisisse de les exprimer, de les partager et qu’il prenne les moyens pour le faire.

 

Cette démarche demande à l'individu de remettre en question certaines des valeurs et attitudes par rapport à l'image de lui-même, ses limites, ses différences par rapport aux autres, ses projets et ses aspirations. Cette démarche, c'est le chemin pour accéder à une vie sans violence. Et vivre sans violence, ça s'appprend.

Quand ça fait mal ou que l'on ne se sent pas bien, notre corps nous envoie des signes. Il faut apprendre à percevoir ces signes et à s'exprimer pour éviter l'accumulation.